Mon dieu

Exposition personnelle à Tripode (Rezé) du 22 mars au 25 avril 2015

Edwige Fontaine, Franck Bertrand et Jacques-Alexandre Gillois, le trio de commissaires qui m’ont invitée disent : « Performeuse sympathisant avec la peinture, Jeanne Moynot prend le parti de la circulation des formes et des idées. Ces opérations mises en place, temps et espace s’annulent : le passé est convoqué, potentiellement le futur, au profit d’un « hyper présent ». L’installation de Jeanne Moynot dans la galerie de l’espace Diderot est l’occasion pour l’artiste de fixer son humeur de l’instant et confirmer son goût pour les situations humoristiques, les failles, les contradictions et autres paradoxes, tout autant que son penchant pour le travail manuel, les mélodies au rythme binaire et les icônes populaires. Le vocabulaire plastique de l’artiste emprunte volontiers à la fête, et particulièrement à ce moment transitoire, entre jubilation et tourment, qui pointe au crépuscule. La figure du monstre, ou du freaks, est convoquée, de son origine à son incarnation la plus spéculative ; tous les niveaux de lecture sont autorisés, la surenchère est dans le contenu. C’est justement ce vernis sensible, et non moins concret, qui permet à la forme artistique de prendre le dessus. Les figures archétypales sont mises à mal, bien au-delà de la parodie ou du burlesque. Jeanne Moynot revendique une esthétique DIY – Do It Yourself – héritée du mouvement punk. Elle témoigne d’un désenchantement né des contradictions d’une société perçue sans complaisance. Son œuvre protestataire revêt un caractère spontané et non-violent. L’artiste, affranchie des définitions académiques de l’art, génère des mixtures qui exsudent l’impur, l’instable, l’exception. »